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La méthanisation, une affaire d’agriculteurs

Sensible au développement des unités de méthanisation, la FRCuma organisait, jeudi 13 janvier, une réunion d’information sur ce procédé, vecteur de revenus supplémentaires pour l’exploitant.

20 janvier 2011 Delphine Peronnet Vu 1988 fois
Matthieu Breusse (à droite), céréalier du Cher et PDG de Ledjo Energie, a détaillé les différents étapes d’un projet de méthanisation lors de la réunion organisée par la FRCuma.

Matthieu Breusse (à droite), céréalier du Cher et PDG de Ledjo Energie, a détaillé les différents étapes d’un projet de méthanisation lors de la réunion organisée par la FRCuma. - © DR

«Je suis très attaché à ce que la méthanisation soit détenue par les agriculteurs, elle constitue une diversification de revenus très importante. L’agriculteur n’est pas condamné à être un producteur de matières premières basiques, il a le droit d’avoir un destin de chef d’entreprise », a martelé Matthieu Breusse, en ouverture de la réunion sur la méthanisation organisée par la FRCuma, le 13 janvier à La Crèche. Ce céréalier du Cher et PDG de Ledjo Energie, société spécialisée dans le développement de projets de méthanisation, a cependant mis en garde l’assistance sur les pièges à éviter. Et a fortement insisté sur la nécessité de contractualiser, bannissant la poignée de main au beau milieu de la cour d’une ferme qui aurait valeur de contrat. « Il faut de la matière première en quantité et de qualité et les fournisseurs de ladite matière doivent être capables de s’engager par contrat. Là est la première étape de la mise en place d’un projet de méthanisation. Si pas de matière, pas de projet. » Suivent alors l’étude de faisabilité et le choix du constructeur pour lequel là encore, « il faut imposer un contrat de construction et ne pas hésiter à lancer un appel d’offres », alerte le céréalier. Ensuite il faut obtenir les autorisations et trouver un financement pour un projet dont le coût avoisine souvent les 5 millions d’euros. Et de conclure : « La méthanisation, il y a tout à faire mais ne vous jetez pas dans les bras de n’importe qui et surtout restez indépendants ». Une indépendance à laquelle goûte depuis quelques années Denis Brosset, agriculteur vendéen, venu témoigner de son expérience. Il parvient même à gagner plus en travaillant moins : « L’un des objectifs avec la méthanisation, outre la création de revenu et la préservation de l’environnement, était de générer du temps libre ». Et c’est un pari réussi pour cet éleveur du GAEC Le Bois Joli puisque, de quatre jours de repos annuels, c’est aujourd’hui de trois semaines de vacances par an et d’un week-end sur deux de libre par mois dont lui et son associé peuvent jouir. Le tout complété par un gain annuel tiré de l’unité de production de biogaz de 42 790 euros (vente d’électricité, économies de chauffage…) Quant au temps de travail nécessaire au fonctionnement de l’unité de production, il l’évalue à une journée en moyenne toutes les trois semaines. « C’est un plaisir et en plus, c’est la seule production de l’exploitation qui a un prix fixe car indexé sur l’inflation », conclut-il.



Le point en région
« Les autres pays européens sont beaucoup plus en avance que nous dans ce domaine, a rappelé Gilles Bertonci, chargé de mission « biomasse-biogaz » au conseil régional. Une trentaine de sites de méthanisation ont été récemment construits en France. » Quant aux sites régionaux, la majorité des projets concerne des petites installations individuelles (3000 à 5000 t/an) et les installations collectives agricoles (5000 à 20000 t/an). Le premier site régional de méthanisation agricole (Metha Bel Air à Linazay dans la Vienne) construit en 2010 entre en phase d’essais, quatorze projets (dont l’unité Tiper méthanisation dans le Thouarsais) d’une taille allant de 3000 à 80000 t/an soit une puissance de 40 à 2100 kW electrique sont en phase de développement, quatre projets sont en cours d’étude et d’attente de décision de poursuite, deux études de pré-faisabilité sont en cours et enfin, quatre nouvelles perspectives pointent leur nez.

 

A noter

Les agriculteurs du Poitou-Charentes qui souhaitent s’informer et s’inscrire dans une dynamique de groupe peuvent  contacter Jean-Marc Morcet, chargé de mission Energie et environnement à la Fédération régionale des CUMA, par mail (jean-marc.morcet@cuma.fr) ou au 05 49 44 74 33.

 

 

 
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