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Marc, le butyrupapiphiliste

Marc Landreau est un collectionneur original. Il a une passion : les papiers à beurre. Il en possède 633. Il affectionne plus particulièrement les papiers des laiteries du Poitou-Charentes qui n’existent plus.

04 octobre 2007 Laurence Guilemin Vu 2036 fois 1 réactions
Tous les papiers à beurre ont des numéros. L’un correspond au département où est fabriqué le beurre et l’autre au numéro de la laiterie.

Tous les papiers à beurre ont des numéros. L’un correspond au département où est fabriqué le beurre et l’autre au numéro de la laiterie. - © DR

Il existe toute sorte de collections. Certaines sont plutôt classiques, d’autres sont plutôt surprenantes. C’est le cas de Marc Landreau, à Pouillac, . Ce retraité est un butyrupapiphiliste. Il collectionne les papiers à beurre. “J’ai débuté ma collection en août 2001, lorsque j’ai pris ma retraite de soudeur. Mauricette, ma femme est déjà une collectionneuse avertie. Elle expose lors des salons, ses boîtes d’allumettes, ses cartes postales, ses calendriers de pompiers, ses fèves. Moi aussi je voulais une collection que personne ne faisait. Alors pourquoi pas les papiers à beurre!”, raconte-t-il. Et depuis six ans, Marc Landreau n’achète plus le beurre de la même façon. “Mon regard sur les étiquettes est différent .”

633 papiers à beurre
Comme tout collectionneur qui se respecte, tout est classé minutieusement, rien n’est laissé au hasard. Tout se trouve dans des classeurs, dans des pochettes plastifiées. “Je collectionne les papiers à beurre de France et de l’étranger. Au total j’en ai 633. Cela va de la portion individuelle de 10 g, jusqu’à l’opercule de 10 kg, demi-sel, doux, papier sulfurisé, aluminium, de toutes les couleurs, avec ou sans logo, avec ou sans macaron, avec ou sans dessin, avec ou sans code-barre. ”
Autant dire que la gamme est large ! Bien sûr, il a des préférences. “Ma priorité est pour les papiers à beurre du Poitou-Charentes et plus particulièrement, ceux fabriqués dans les laiteries qui n’existent plus. Je recherche tout ce qu’il y a de plus ancien. Ensuite, je les classe par région et ensuite laiterie par laiterie.” Marc Landreau parle avec passion de “ses papiers”, et connaît même certaines anecdotes des laiteries. “Mon plus vieux papier date de 1947, de la coopérative laitière de Taugon il s’agit d’un beurre extrafin Thierache.” Au fur et à mesure qu’il tourne les pages, on découvre la laiterie coopérative du Moulin d’Isaac, de Clion-sur-Seugne; la laiterie de Souillac, à Villars-en-Pons ; le beurre Saint-Jean-la-Ronde à Saint-Jean-de-Liversay, le beurre la Fontaine des Veuves à Saint-Pierre-de-l’Isle, la laiterie Fontbouillant à Montguyon, celle de Chepniers. Parmi les papiers à beurre, il y a ceux situés dans les Deux-Sèvres : la laiterie de Chail à Melle, de Pamplie à Champdeniers, d’Echiré, de Mauzé “fondée en 1890”, précise-t-il. En Charente, il a entre autres, un papier à beurre extrafin de L. Lescure château de Claix, à Roullet. Et la liste ne s’arrête pas là. Marc Landreau se fait historien pour raconter les créations, les fermetures, ou les reprises de laiteries. “La première laiterie coopérative a été fondée en 1888. Avec l’arrivée du phylloxéra, beaucoup de viticulteurs ont arrêté la vigne et ont fait le choix des vaches laitières. On comptait jusqu’à une laiterie par canton, pour le département. Et puis au fur et à mesure elles ont arrêté ou bien ont été reprises.” Dès qu’il peut trouver l’historique d’une laiterie, il l’intercale avec les papiers de beurre correspondants.
Parmi les papiers hors Poitou-Charentes, le butyrupapiphiliste montre celui de la laiterie du Queray, dans le Midi-Pyrénées, ou de Bretagne, du Nord, du Pas-de- Calais, d’Auvergne. “Certaines régions utilisent des papiers blancs pour le beurre, chacune a un peu sa particularité dans l’emballage.”

Les perles rares
Pour un néophyte, quoi de plus ordinaire qu’un papier à beurre. Et pourtant, Marc Landreau a quelques emballages plutôt originaux. “J’ai un papier à beurre en braille. Je possède également un papier à beurre d’Echiré demi-sel, fabriqué pour les Émirats arabes et enveloppé dans du papier doré.” Il montre également ce papier à beurre qui n’est pas en vente dans les magasins. “La vente de ce beurre est interdite. Le papier est estampillé Aide CEE, cela signifie que le beurre est donné pour la banque alimentaire.” C’est par le bouche à oreille que sa collection prend de l’ampleur. Il participe à quelques salons, avec le club des collectionneurs saintongeais de Saint-Martin d’Ary. A sa connaissance, il n’y a pas de club pour cette collection. “Je me suis rapproché du club des tyrosémiophiles (collectionneur d’étiquettes de fromage) pour connaître d’autres collectionneurs ayant la même passion que moi, mais sans succès.” Quand à lui demander sa préférence pour un beurre, sans hésitation il répond “le beurre de baratte !”
Laurence Guilemin

Marc Landreau : “Le bois du canton” 17210 Pouillac. Tél : 05.46.04.61.76.

 

Les opercules aussi...
Pour amplifier sa collection, Marc Landreau collectionne également les opercules de portions individuelles. “Je recherche des opercules de beurre, de confiture, de compote, de miel, de fromage, de ketchup, de Nutella, de mayonnaise, aussi bien français qu’étranger”, souligne le collectionneur. Actuellement, il en possède 1200, tout confondu. Au fil de la collection, on voyage au Maroc, au Québec, en Espagne, en Roumanie, en Italie, en Chine, aux USA... Les opercules toujours classés avec rigueur se succèdent : opercules café-crème, café, fromages blancs, yaourts, crèmes desserts, mousses au chocolat, compote... Il s’amuse des devinettes, des dessins, que l’on voit sur les opercules. Il se fait pointilleux, lorsque les yaourts, les compotes vendus par quatre offrent un opercule avec un dessin central. “S’il manque un opercule cela n’est plus pareil. Il faut les quatre !”
Comme pour les papiers à beurre, c’est le bouche à oreille qui fonctionne. “Les voisins, les amis voyagent et me ramènent des opercules. Et puis certains viennent voir ma collection lors des salons et m’envoient par la suite des opercules.”  La collection n’a pas fini de s’étoffer !

 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    Je trouve cette idée de collection très originale, moi même ayant travaillé dans une laiterie en Loire Atlantique. Je suis originaire des Deux Sèvres et autant vous dire que malheureusement beaucoup de petites laiteries ont fermé leurs portes et ont été "englouties" par des groupes coopératifs. Bon courage pour la suite.

    touchard sonia - le 13 septembre 2008 à 21:39:07

 
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