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Crise cunicole sans précédent, obstination des abatteurs

Mardi dernier à Baud (56), à l'appel des FRSEA et de la CFA, des éleveurs sont venus réclamer une revalorisation des prix pour faire face à la hausse de leurs charges.

05 juin 2008 Anne Le Clève et Guy du Repaire Vu 1739 fois
Devant les éleveurs, mardi dernier, de gauche à droite, Bertrand Bonnier, président de la section cunicole de la FIA, Jean-Pierre Cavelier, de l'interprofession, Alain Guillotel, Association cunicole de l'Ouest, et Pascal Mancel, de la Fédération des groupements cunicoles.

Devant les éleveurs, mardi dernier, de gauche à droite, Bertrand Bonnier, président de la section cunicole de la FIA, Jean-Pierre Cavelier, de l'interprofession, Alain Guillotel, Association cunicole de l'Ouest, et Pascal Mancel, de la Fédération des groupements cunicoles. - © Anne Le Clève

C'est la première fois qu'on vit une crise pareille », confie Aline Guillard, éleveur le Morbihan. « Depuis janvier, je ne prélève pas de salaire, car je veux être à jour de ce que je dois. Se priver c'est une chose mais si on n'arrive plus à payer ce que l'on doit », redoute-t-elle. Sur les 80 éleveurs de son groupement indépendant Lisoë, « 11 ont mis la clé sous la porte, malgré la réduction des mises en place ». Et Aline de détailler les hausses, « celle des produits vétérinaires de base, celle du gaz, celle des femelles reproductrices… et surtout celle de l'aliment » : 40 % depuis septembre 2006. À Baud, parmi les éleveurs présents ce mardi sur le site de l'abattoir Bretagne Lapin dont le directeur préside la FIA, Fédération des industries avicoles, l'amertume est grande. « Cela fait vingt ans que je bosse, et la MSA vient me dire que je peux prétendre au RMI, vous vous rendez compte », s'insurge un éleveur. La luzerne plus chère que le blé Car la luzerne est devenue plus chère que le blé, « un comble, elle est à 215 euros la tonne ! », déplore Alain Guillotel, président de l'interprofession cunicole de l'Ouest. « Il faudrait être payé 1,90 euro pour espérer un revenu de 1 500 euros. » Or, on est loin du compte. « Il manque 800 euros par mois pour un élevage moyen de 550 cages mères. » Sur les 2 000 producteurs de l'hexagone, 60 % sont localisés dans l'Ouest de la France. Malgré les améliorations techniques réalisées ces dernières années, malgré les baisses d'effectifs, « on est au bout du rouleau », se désole Pierre Piteau, responsable des éleveurs de la FDSEA des Deux-Sèvres qui avait tenu à faire le déplacement. « Quand on voit des éleveurs venir du sud-est à 900 kilomètres d’ici, venir manifester, ça donne une idée de l’ampleur du malaise », poursuit-il. Une revalorisation du prix Les éleveurs réclament une revalorisation des prix pour cet été. « Le lapin a augmenté de 4,1 % en GMS et on n'en voit pas la couleur », reprend Alain Guillotel. « On est très déçu de l’attitude des abattoirs. On s’attendait à un signe de leur part, au lieu de cela, ils ont l’audace de nous demander une nouvelle baisse de la production, sans garantie de prix ! », s’insurge Pierre Piteau. Devant l’obstination des abatteurs, c’est une revalorisation immédiate des prix que veulent les éleveurs, « avant toute ouverture des négociations », insiste-t-il. Beaucoup d'éleveurs, touchés par la crise, ne sont plus en mesure de payer leurs cotisations sociales. Face à cette situation, la MSA a proposé des étalements de paiements. « Nous demandons la prise en charge de ces cotisations et la tenue d'une table ronde avec les pouvoirs publics. Nous sommes une filière sinistrée. » Anne Le Clève et Guy du Repaire
 

 

 
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