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L’excès de pluie est cause de retard dans les semis

La FRSEA et les JA se sont rendus, le 2 juin, à la rencontre du préfet de région, Bernard Fragneau, pour lui demander un report de la date limite des semis.

05 juin 2008 M-L. L. Vu 868 fois
La FRSEA et les JA estiment qu’entre 20 et 30 % des surfaces agricoles de la région n’ont pas encore été semées.

La FRSEA et les JA estiment qu’entre 20 et 30 % des surfaces agricoles de la région n’ont pas encore été semées. - © M-L. L.

Le 2 juin, le préfet de région a reçu une délégation composée de représentants de la FRSEA, des JA et des FDSEA. Ils sont venus l’informer de « la grosse impatience qui règne sur les campagnes ». La Pac impose une date limite de semis fixée au 31 mai. La pluviosité importante de ces dernières semaines a affecté les cultures. « Entre 20 et 30 % des surfaces du Poitou-Charentes n’ont pas été semées », estime la délégation. « Pour la majorité d’entre nous, c’est techniquement impossible de finir avant le 25 juin, d’autant plus que ça sous-entend une amélioration immédiate des conditions météorologiques. » Les représentants des syndicats demandent un report de cette date de semis au minimum au 15 juin. « Ce report de date de semis est indispensable pour éviter à de nombreux agriculteurs d’être en infraction avec la réglementation ou d’être obligé de modifier leur déclaration et perdre l’aide couplée sur ces cultures. Ils risquent de perdre gros en financement ou d’écoper de pénalités », précise Patrice Coutin, président de la FDSEA des Deux-Sèvres qui faisait parti de cette délégation. Mais la décision ne dépend pas de Bernard Fragneau, préfet de région. Ces mesures sont prises au niveau européen, et pour l’instant, « Bruxelles a dit non ». Le retard de semis des cultures pose un « gros problème dans tout le grand ouest du territoire ». La pluviométrie a eu un effet pervers sur les surfaces ensemencées qui ont subi des dégâts importants. Dominique Marchand, président de la FDSEA de la Vienne « ne veut pas se résigner. S’il n’y a pas moyen d’avoir de report de la date limite, nous avons demandé au préfet de faire appliquer une grande clémence lors des contrôles. » La délégation rappelle que décaler la date, même jusqu’à la fin du mois de juin, « ne coûterait pas un euro, ni à la France, ni à l’Europe. C’est du bon sens agricole. » Trésorerie au plus bas Depuis le début de l’année 2007, les charges augmentent sans cesse sur les exploitations. Les agriculteurs subissent le prix du fioul, mais aussi de tous ses dérivés (engrais, plastiques) ainsi que des services et des aliments. « Le prix des engrais de fonds est multiplié par trois, celui des engrais azotés par deux. » Quant à savoir pourquoi l’agriculture ne se joint pas au mouvement de grogne générale, les membres de la délégation souhaitent, « dans un premier temps, finir les semis. Le prix du fioul n’est qu’une partie du problème qui, pour nous, est bien plus vaste. » Pour entériner une amélioration à long terme, les représentants syndicaux demandent « un carburant professionnel, une meilleure exonération de la taxe sur le foncier non bâti. Il faut s’engager vers l’autonomie des exploitations pour maîtriser le coût de l’énergie. Nous voulons que le ministre de l’agriculture vienne en aide aux agriculteurs pour s’inscrire dans une démarche énergétique renouvelable. » M-L.L.
 
La reconduction de l’allègement de la TIPP Crise de l’énergie : Michel Barnier promet « la reconduction d’une TIPP extrêmement réduite » Les mesures d’allégement de la TIPP dont les agriculteurs bénéficient depuis 2005 seraient reconduites sur l’année 2008. « Le Premier ministre, François Fillon devrait l’annoncer dans les prochains jours », a souligné Michel Barnier, le ministre de l’Agriculture lors d’un déplacement dans l’Yonne, le 29 mai. Les agriculteurs ont obtenu depuis 2005 le remboursement partiel de la TIPP applicable au gazole et au fioul lourd, ainsi que celui sur la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel, à hauteur de 5 euros par hectolitre pour le gazole. L'ensemble de ces remboursements devrait coûter à l’État entre 130 à 140 millions d’euros/an. Par ailleurs, le ministre a insisté sur « le plan de performance énergétique des exploitations agricoles » initié dans le cadre du Grenelle de l’environnement.
 

 

 
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